Poésie

Tu sens sûrement que je cours

Que mes tempes se battent avec le silence

Que mes armes sont tombées

Que je cède tout ce que j’ai

 

Lumière étreinte

Contre la nuit, contre le souffle perdu, contre l’effort et le feu

(Les Matelots. Désordre jusqu'à rien)

Une saison échappée

Corps amoureux.

Mer enlevée,
Souffle enlevé,

Conquérant du jour, du corps, des marées

Siècles promis juste assez tôt.

(Les Matelots. Seul à seul)

Le bruit,

On a couvert le bruit

Couvert tout l’espace déjà

En ton absence

Qui remplissait les murs

 

Et les passagers se sont

Terrés là

Ce poème tu peux le retrouver dans le n°99 de Gustave Hebdo, hebdomadaire de poésie !

Un seul regard vers le temps passé

Et vous le verrez sourire

Espérer l’interdit et n’avoir en tête que les couleurs de la terre

Vous verrez le temps qu’il faisait ce jour-là

Et les rêves qu’il racontait

Vous le verrez marcher le soir, ou à l’aube

Derrière les décombres

Garder ses vagues pour lui-même

Vous verrez ses mains livrées à ce qu’elles touchent

Cet homme de toujours

(Les Matelots. Seul à seul)

Tu es le temps qui prend les souvenirs

Pourtant

Je me souviens de tes jeux

Je me souviens qu’on pouvait

Grimper à peu près où il fallait

Tendrement et comme on peut

S’emporter de toutes ses forces

Tenir tête à sa mémoire

Contredire le silence

Monter la voix

Parler au tonnerre

Envoyer la lumière au-devant

Je me souviens mais

Tu es le temps

Qui change les regards

Et soulève le sol sous nos pas

Pour quelque part où les failles des cœurs s’échappent avec le sourire

 

 

 

Je veux

 

Prendre de vitesse

Ce qu’il y a de soudain dans nos pas

 

Monter à l’assaut des rues

Sans savoir rien

Des vertiges prometteurs

Ni des menaces qui s’écroulent

 

Faire surgir le soleil

Vivre pour ce qu’on aura vu et pour y croire

 

Chercher l’instant dans sa course

Dériver hors d’atteinte

Faire passer les années

 

Toujours et toujours

Attiser le feu qui nous jette en avant

Le départ est ici

Vers où frappe ton sang

(Les Matelots. Attraper le temps)

Ce poème tu peux le retrouver dans le premier numéro de la Revue des Muses, revue littéraire féministe lyonnaise !